Le 1er novembre 1954, la guerre d’indépendance algérienne débuta par une série d’attaques coordonnées du Front de libération nationale (FLN) contre la présence française en Algérie. Depuis la conquête française de 1830, le territoire était placé sous administration française et considéré juridiquement comme une partie de la France. Ce statut particulier masquait pourtant de profondes inégalités : la population algérienne subissait l’exclusion politique, la discrimination et de fortes disparités sociales et économiques. La répression brutale des manifestations nationalistes de 1945 avait encore renforcé les aspirations à l’indépendance.
Le conflit qui suivit dura jusqu’en 1962 et devint l’un des épisodes les plus marquants de la décolonisation française. Le FLN associa les actions armées et la guérilla à une lutte politique visant à obtenir une reconnaissance internationale. L’armée française mena de vastes opérations militaires, faisant notamment appel aux parachutistes et aux techniques de contre-insurrection. Les violences contre les civils, la répression et la torture marquèrent une guerre qui provoqua de profondes divisions politiques et sociales, en Algérie comme en France. L’indépendance fut acquise en 1962, au terme de plusieurs années de guerre et de négociations.
Les témoignages et les images produits pendant le conflit constituent également des sources pour en étudier l’histoire. Aucune bête au monde, dont le texte est signé par le colonel Marcel Bigeard et les photographies par le sergent-chef Marc Flament, parut en 1959 et présente la guerre du point de vue militaire français. L’ouvrage est ainsi non seulement un document sur le conflit, mais aussi une source permettant d’examiner la manière dont la guerre était alors photographiée, racontée et représentée par des militaires français.
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