Le 2 juin 1793, les Girondins perdirent leur position politique au sein de la Convention nationale française. Sous la pression des sans-culottes parisiens et de la Garde nationale, plusieurs dizaines de députés girondins furent décrétés d’arrestation ou placés en résidence surveillée. L’affrontement avec les Montagnards, parmi lesquels figurait Maximilien Robespierre, marqua une nouvelle étape de la Révolution française.
Cette crise s’inscrivait dans un contexte de guerre, de difficultés économiques et de tensions populaires croissantes. Girondins et Montagnards divergeaient sur l’orientation de la Révolution et sur la place que devait occuper le mouvement populaire parisien. Après la chute des Girondins, les Montagnards prirent l’ascendant. Au cours des mois suivants, le pouvoir révolutionnaire se concentra davantage, tandis que la répression politique s’intensifia durant la période connue sous le nom de Terreur. Les idéaux de liberté et d’égalité demeuraient au cœur du projet révolutionnaire, mais entraient de plus en plus en contradiction avec les moyens violents employés pour défendre la République.
La Révolution fit également émerger de nouvelles réflexions sur l’égalité sociale et l’organisation de la société. Dans les années qui suivirent, Gracchus Babeuf devint l’un des défenseurs les plus radicaux d’une égalité approfondie. Sa pensée prit surtout forme après cette première phase de la Révolution, faisant de lui un précurseur important du socialisme égalitaire. L’ouvrage Gracchus Babeuf à la veille et pendant la Grande Révolution française : 1785-1794 permet de replacer son parcours dans le contexte des profondes transformations politiques et sociales de cette période.
Commentaires